Guinée : Partis Politiques et « Milices médiatiques »

Guinée : Partis Politiques et « Milices médiatiques »

En Guinée,  certains partis politiques travestissent la liberté d’expression en  libertinage d’expression ; cette déroutante réalité transparait notamment dans le cadre de leurs communications individuelles et collectives portant sur la vie sociopolitique du pays.

Toutefois, la charte des partis  réglemente le fonctionnement des partis en définissant  leurs  codes de conduites. Par exemple, la Charte des Partis politiques en son article 3 stipule: “Les partis politiques doivent assurer l’éducation politique et civique des citoyens”. IL est donc déplorable de constater que certaines communications en provenance de partis politiques soient contraires aux dispositions des lois en la matière. En effet, ces partis, au-lieu d’assurer la formation politique et civique de leurs militants, investissent  des fonds pour la création et l’entretien de « milices médiatiques ». ces organisations sont généralement composées de jeunes activistes. Dans ces entreprises peu louables, ces milices alimentent les débats de caniveaux au lieu de défendre leurs projets de société, l’unité nationale et les valeurs républicaines.

Il faut noter que ces « milices médiatiques », qui existent parallèlement aux cellules de communication des partis, ont pour rôle, entre autres : (1) encenser leurs leaders en diabolisant ceux des autres partis ; (2) combattre  toute personne exprimant des avis contraires à leurs philosophies politiques ; (3) attaquer au vitriol les personnes critiques de leur visions de division multidimensionnelle. Le comble est que même les journalistes, qui sont des professionnels ayant le droit d’exprimer  leurs avis sur les questions  socio- politique de la nation, ne sont pas épargnés de ces lynchages médiatiques. Ces partis œuvrent ainsi dans le dessein de désinformer le public Guinéen par voie de manipulation de l’information.  Dans l’esprit de ce comportement aberrant, ces miliciens applaudissent  tout propos—même  déplacés—venant  de leurs leaders. En analysant leurs postions manichéiste sur les réseaux sociaux, force est de reconnaitre l’orientation indécente et  subjectives de leurs analyses quant aux sujets d’ordre national. Être jeune activiste politique n’autorise pas à proférer des insolences publiques. Ils s’engagent activement dans la diffusion de messages officieux de leurs  partis qui distillent la haine, la division, l’ethnocentrisme, le mensonge etc. En ce faisant, Ils contribuent à l’aggravation de la fissure de notre  tissu  social. Il faut souligner que ces jeunes activistes de medias s’affirment dans leurs partis à travers ces attitudes irresponsables et non pas par leurs compétences.

Dans le contexte actuel une prise de conscience de ces jeunes est donc devenue  nécessaire pour le respect de la liberté d’expression dans notre pays. Cette prise de conscience devient donc urgente  pour orienter les débats vers des sujets d’intérêts nationaux vers la promotion de la démocratie, de la bonne gouvernance et des  valeurs républicaines.

Pour conclure, Les jeunesses des partis politiques  de notre pays, celles qui arborent des visions positives pour la Guinée, doivent absolument se réveiller pour mettre un terme à ces campagnes de désinformation débridées. Elles nuisent, dans le court et long termes, à l’avancement de la cohésion sociale et de la démocratie dans notre pays.

Halimatou Baldé

Vice-présidente du Comité National de la Jeunesse (CNJ)

Bloc Libéral